Il existe des exils qui ne se voient pas. Des départs qui n’ont pas de frontières, mais qui déplacent l’être de l’intérieur. Dans Le Syndrome invisible : Habiter l’exil en soi, une femme raconte l’étrange sensation d’être là sans y être, de vivre dans un corps devenu familier mais étranger, d’observer sa propre existence à travers une vitre invisible. La dépersonnalisation, trouble discret et rarement nommé, s’installe comme une armure silencieuse : elle protège de la douleur, mais coupe aussi de la vie. À travers une écriture intime et profondément incarnée, ce récit explore les liens entre traumatisme, dissociation et immigration. Il dit l’enfance marquée par la peur et l’injustice, l’apprentissage précoce de la survie émotionnelle, puis l’exil géographique qui réveille un exil plus ancien encore : celui de soi. Ni essai médical, ni témoignage spectaculaire, ce livre donne voix à celles et ceux qui fonctionnent, travaillent, sourient tout en se sentant absents à eux-mêmes. Il interroge la normalité, la résilience, et cette force silencieuse qui permet de tenir quand plus rien ne semble réel. Un texte sur ce qui ne se voit pas, mais qui façonne toute une vie. Une invitation à regarder autrement les silences, les distances, et les présences en retrait.